Quatuor Léonis

"Jeunesse-inconscience", dit un proverbe populaire. C'est précisement ce qu'a pensé l'auteur de ces lignes en voyant les quatre jeunots du quatuor Leonis mettre à leur programme le quatuor de Ravel, "la jeune fille et la mort" de Schubert et une oeuvre moderne d'Alexandre Damnianovitch, son "Quatuor lyrique". Un auditeur averti sait ce que signifie un tel programme. "La jeune fille et la mort", un des quatuors les plus beaux et les plus difficiles de Schubert, le Quatuor de Ravel, oeuvre écrite en 1903 qui met à l'épreuve les talents "coloristiques" des interprètes, et une oeuvre contemporaine aux dimensions ambitieuses... ce ne sont que des gens décidés à arpenter les chemins difficiles qui osent les mettre au programme. Est-ce que le jeune quatuor Leonis (moyenne d'age - 28 ans) etait prêt pour celà? Brièvement - non seulement qu'il l'était, mais on peut dire que leur concert ne mérite que des louanges. Pour le critique musical cette tâche n'était que du plaisir pur, il ne lui restait qu'à trouver les mots justes.

S'agissant du quatuor Leonis c'est simple, tout fonctionne: une sonorité chantante aidée par une justesse parfaite, un sens raffiné de l'équilibre harmonique. Il faut savoir que les quatre musiciens se sont consacrés entièrement à la musique de chambre, et qu'ils se sont fixés les critères les plus exigeants. Il n'est pas difficile de deviner que derrière tout cela se trouve un parcours sans faute: dans la maturation de ces musicens il n'y avait pas d'errances inutiles - en partant d'une éducation initiale, passant par la formation primaire et secondaire, jusqu'au perfectionnement dans le domaine de la musique de chambre. Le résulatat: ce quatuor ressemble à un mécanisme sensible, qui produit la plus belle musique au monde. (A. Gatalica)